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Baudelaire a été longtemps considéré comme l'auteur d'un seul livre, Les Fleurs du Mal. La condamnation pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs avait garanti à son recueil la même célébrité douteuse qu'assurent aujourd'hui de grotesques persécutions à des productions réputées
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pornographiques. Six poèmes ont été censurés par la justice du Second Empire pour leur « réalisme grossier et offensant pour la pudeur ». Baudelaire a beau protester, exiger que son livre soit « jugé dans son ensemble », soutenir qu'aux blasphèmes il avait opposé « des élancements vers le Ciel » et aux obscénités « des fleurs platoniques ». L'hypocrisie l'emporta : « Désormais on ne fera que des livres consolants et servant à démontrer que l'homme est né bon, et que tous les hommes sont heureux. » Chaque époque a son Baudelaire. "Notre Baudelaire" mérite que l'on relise ses textes, à commencer par Les Fleurs du Mal : ils ont gardé toute leur charge émotive, toute leur sombre beauté. Avec Les Fleurs du Mal, Baudelaire annonce quelques-uns des traits les plus marquants de la poésie moderne. Ses vers y respectent sans doute les règles les plus strictes de la prosodie classique, mais l'audace des figures de style, la précision dans l'analyse des mouvements de l'âme, un goût certain pour la provocation, tout cela mène à Rimbaud puis, avec lui et avec quelques autres artistes comme Lautréamont et Mallarmé, à l'art poétique de notre temps.
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Recueil contenant 55 poèmes
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