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Les poèmes saturniens parurent en 1866. C'est le premier recueil de Paul Verlaine (1840-1896). Il les aurait écrits à l'âge de 16 ans, précédant, dans l'inspiration et le lyrisme Rimbaud, qui sera son ami et démon. On y trouve déjà tout ce que fera la fameuse « musique verlainienne », légère et sentimentale, l'art de ciseler |
la mélancolie, voire la tristesse de l'amour et du bonheur jamais atteints. Qualités et ton que l'on retrouve dans les délicieuses et fragiles Fêtes galantes (1869), un autre chef-d'œuvre de celui qui sera, malgré la déchéance de l'alcool. Verlaine professe d'abord l'impassibilité parnassienne ; et ce premier recueil contient des " eaux-fortes " ou des tableaux dans le goût du Parnasse. Déjà, pourtant, le vrai Verlaine apparaît, avec sa sensualité, sa tendresse et sa mélancolie : il compose des " paysages tristes ", évoque un amour disparu (Nevermore), une femme idéale (Mon Rêve familier), associe aux caprices de son imagination le charme d'un paysage crépusculaire (Soleils couchants) et laisse entendre un écho assourdi de l'inquiétude romantique (Chanson d'automne). Déjà son instinct poétique le conduit à assouplir l'alexandrin, à manier des rythmes impairs, à suggérer des états d'âme vagues par des strophes vaporeuses.
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Recueil contenant 40 poèmes
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